• De quoi avons-nous réellement peur ?

    Le Christ Mort par André Mantegna

    André Mantegna - Le Christ Mort
    1480

    Depuis des millénaires, bien avant la naissance du Christianisme, l'être humain se pose cette question : qu'advient-il de nous après notre mort ?

    Les réponses divergent selon le point de vue adopté :

    - Le scientifique vous expliquera que votre corps va peu à peu se décomposer et se réduire en protéines, très nutritives pour les insectes qui vont faire un véritable festin avec votre cadavre.

    - Le croyant (catholique, musulman, bouddhiste, peu importe...) vous soutiendra mordicus que vous êtes pourvu d'une âme, et que les actes accomplis durant votre vie terrestre influeront sur le nouveau plan d'existence que vous rejoindrez (paradis, enfer, purgatoire, réincarnation, etc...)

    - Le païen vous expliquera que rien ne se perd, tout se transforme. Votre corps va nourrir la Terre, à travers laquelle vous renaîtrez, probablement sous la forme d'un ver, d'une plante, d'un arble, d'un brin d'herbe... Puis vous nourrirez une autre espèce, au travers une classique chaîne de prédation, et vous aurez la possibilité de vivre à travers la descendance de l'espèce qui vous a mangé. Le cycle de la vie en somme...

    - L'agnostique croit par défaut au Néant, mais attend le jour où la grande faucheuse viendra le chercher pour connaître la vérité.

    La question qu'il convient alors de se poser est la suivante : pourquoi la mort nous inspire-t-elle une telle crainte ? Certains diront même, sans chercher à faire de mauvais jeux de mots, "une fascination morbide".

    Tout simplement parce qu'elle nous est inconnue. C'est donc une peur tout à fait naturelle. En effet, comment pouvons considérer avec sérénité un concept qui nous est totalement inconnu ?

    Posons-nous maintenant une autre question : Avons-nous peur de la mort, ou de mourir ?

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas la même chose. Avoir peur de la mort revient à craindre l'état de mort, une fois que l'agonie est arrivée à son terme. Avoir peur de mourir revient à craindre de ressentir la douleur qui précédera la perte de connaissance.

    A bien y réfléchir, la mort apparaît comme la libération de la douleur qui nous étreindra tous lorsque le moment fatidique sera venu.

    Il n'y a donc au final pas lieu de craindre la mort, puisque nous ne la ressentirons pas. Ce que l'être humain craint est donc le processus du mourir, qui s'accompagne généralement de douleurs difficilement supportables. ça explique sans doute pourquoi la plupart des personnes interrogées sur le sujet déclarent qu'elles préfèreraient mourir pendant leur sommeil.


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