• La Belgique, ses moules-frites, sa bière, son patrimoine, et sa menace de scission...

     

     

    Nous parlons Néerlandais, donc nous ne sommes pas Belges. Toute personne s'aventurant sur notre territoire et / ou désirant y vivre se doit de parler le Néerlandais ou de s'engager à l'apprendre.

    En schématisant un peu, voilà le discours que vous pourrez entendre si vous vous vous rendez en Flandres, joli partie Nord de la Belgique, où un ultra-nationaliste Flamand qui a décidé, avec tous ses petits copains d'extrême-droite (je peux me tromper, mais à part des membres et des sympathisants du Vlaams Belang, je ne vois vraiment pas qui aurait pu avoir une idée aussi tordue et liberticide), que tout résident de cette région ne parlant pas Néerlandais serait désormais hors-la-loi. Il va sans dire que la Flandre exige désormais qu'une scission avec la Wallonie soit faite sur le champ afin de proclamer son indépendance (et aussi leur désolidarisation de l'Union Européenne je suppose, j'ose espérer qu'ils en sont conscients, car au niveau respect des différences culturelles et de la démocratie, c'est pas folichon...)

    Avec tous les touristes étrangers qui transitent par la Belgique pendant leurs voyages, que ce soit pour quelques heures entre deux avions ou pour quelques jours de villégiature sur place, ça va être pratique tiens... (mais qu'est-ce que je raconte, c'est bien connu : le Néerlandais est une langue bien plus parlée que l'Anglais, l'Espagnol ou l'Italien, c'est bien connu, qu'est-ce qu'on est cons, nous autres les francophones...)

    Et depuis, la Belgique est divisée en deux camps à priori inréconciliables, et le gouvernement s'est cassé la gueule. Tout ça pour une barrière de la langue qui est apparue comme ça sans prévenir du jour au lendemain ? Difficile à dire, je n'ai moi-même pas toutes les données en main. Toujours est-il que pour un pays qui fait partie des pionniers de la construction de l'Union Européenne, une Union dont l'une des valeurs premières est la diversité culturelle et le multilinguisme, un tel isolationnisme relève davantage du fascisme que du désir de mettre en valeur une quelconque identité nationale !

    J'ai hier encore reçu le témoignage d'une collègue de bureau dont le fils s'est installé à Zaventeem (près de Bruxelles, zone Flamande) afin de se rapprocher de son lieu de travail. Sa mère a bien essayé de le dissuader, mais ce brave garçon ne voulait pas rater un superbe appartement au loyer abordable qu'il avait repéré. Le cauchemar commence lorsqu'il décide de se déclarer à la mairie de Zaventeem pour obtenir sa nouvelle carte d'identité, accompagné de sa mère et d'une amie parlant Néerlandais. Il arrive devant l'hôtesse d'accueil et là, c'est le drame, la mairie se transforme soudain en Gestapo. Sur un ton accusateur, l'hôtesse constate que le nouvel arrivant ne parle pas la langue locale et, selon une logique implacable (tout du moins du point de vue des Flamands), lui tend un formulaire pour l'inscrire à des cours de Néerlandais. C'est la loi, point final. C'est un fait, les communes adhérant à l'idée de la scission refusent désormais de parler toute autre langue que le Néerlandais, même en présence des touristes, qui n'auront plus qu'à se trouver un interprète... Pour ne rien arranger, ce garçon est virtuellement assigné à résidence jusqu'à ce qu'un policier vienne frapper à sa porte pour pouvoir attester qu'il a bien emménagé à Zaventeem. Seulement, et bien ce garçon travaille... Du coup ça fait trois plombes qu'il est pour ainsi dire apatride, car la mairie ne lui fera pas de carte d'identité tant que l'adresse qu'il a déclarée ne sera pas confirmée...

    On peut également parler de l'histoire d'un type que je nommerai Mr X pour préserver son anonymat. Mr X vivait en Flandres il y de cela encore quelques mois. Lorsqu'il a mis sa maison en vente, il a logiquement posé un panneau disant Te Koop (à vendre en Néerlandais), mais également On Sale et A vendre sur la devanture. Etant donné que son village n'était pas fort éloigné de la frontière Française, la probabilité qu'un ressortissant étranger soit intéressé par l'offre était assez importante. Et pourtant, il a très vite reçu une lettre en provenance de la maire qui lui ordonnait gentiment de bien vouloir retirer les panneaux écrits en Français et en Anglais, au nom de la sauvegarde de l'identité nationale (sic), et pour encourager les prochains visiteurs de la Flandre à apprendre le Néerlandais (sic). C'est drôle, plus je développe le sujet et plus j'ai l'impression que la Flandres serait un excellent lieu de stage pratique pour les armées de ce bon vieux Jean-Marie...

    Je conclurai cet article sur une phrase qui me tient à coeur :

    Plus tu connais de langues, plus tu es humain

    Le multilinguisme est pour moi la base de la communication entre les hommes, et par conséquent le tout premier critère de tolérance des différences culturelles entre les peuples, critère que les partisans de la scission ne respectent pas, pour ne pas dire qu'ils crachent dessus...


  • Commentaires

    1
    Groquick
    Mercredi 24 Septembre 2008 à 23:14
    Sacré Filip De Winter du Vlaams belang ! Et dire que ça se passe juste à côté de chez nous... Bel article en tout cas tu m'as devancé pour traité le sujet ;) Mais je trouve que parler plus en profondeur de la ville de Bruxelles qui est au centre de la province flamande et qui reste un cas particulier. merçi pour ce blog bien fun en tout cas ! ciao
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