• La liberté sexuelle, c'est mal ?


    Ce ne sera bientôt plus un secret pour toutes les personnes qui visitent ce blog : je suis un obsédé sexuel notoire... Je pars du principe que le plaisir sexuel doit être consommé sans limite et sous toutes les formes que nos phantasmes peuvent imaginer, à partir du moment où les personnes impliquées sont majeures et consentantes.

    En fait je crois que je n'ai jamais été aussi épanoui qu'à partir du moment où j'ai admis l'idée que j'étais un énorme pervers.

    Ceci dit, rassurez-vous, ma perversité n'est dirigée que vers une seule et même personne, et le jour où je carresserai l'idée de violer quelqu'un, j'irai immédiatement consulter un psychiatre.

    Ceci étant dit, venons-en au sujet de cet article : Les années 60, que ce soit au niveau du mouvement hippie ou de ce bon vieux Mai 68 qui a fêté son 40ème anniversaire cette année, ont vu la montée en puissance d'une toute nouvelle conception de la sexualité.

    Avant cette époque, il n'était pas concevable de consommer l'amour avant le mariage, et les comportements sexuels jugés déviants (échangisme, bisexualité, homosexualité, triolisme ou plus, etc...) étaient généralement cibles de répression plutôt expéditives.

    La tendance était si inversée qu'il était inconcevable d'emmener sa copine au cinéma sans emmener la belle-mère qui chaperonne, même si vous aviez une vingtaine bien tassée. Et pas la peine d'espérer y couper si vous êtes fiancés : la virginité devait être conservée jusqu'au mariage, et il était tout aussi hors de question de vous installer avec votre cher(e) et tendre dans un petit nid d'amour tant que vous n'étiez pas marié.

    ...

    Je n'ai pas connu cette époque (j'aurais souffert à mon avis), mais à une mon avis, lors de la nuit de noces, deux solutions étaient possibles :

    - les jeunes mariés sont tellement excités comme des puces qu'ils partagent quelque chose d'énorme, finalement ça valait le coup
    - ils font l'amour et... rien. Ils se rendent compte qu'ils n'ont au final aucune attirance physique car s'ils se sont amusés, ils n'ont pas ressenti ce petit plus qui vous permet de ressentir ce délicieux sentiment de jouissance qu'on appelle l'orgasme.

    Rien que pour la libération sexuelle qui en est ressortie, j'adore les années 60.

    Il faut essayer avant de s'engager :

    - Le sexe sans amour, c'est possible. On peut très bien se laisser aller à un peu de libertinage en ayant une aventure d'un soir et en garder un excellent souvenir le lendemain.
    - L'amour sans sexe, c'est une utopie inventée par les religions "révélées" qui veulent vous faire croire que vous irez griller en Enfer si vous faites l'amour pour une raison autre que la procréation (et encore vous devez vous confesser pour expier votre pêché de chair c'est pas drôle sinon)

    Ceci dit, à bien y réfléchir, je préfère encore m'adonner à des orgies dirigées par le Diable avec du Heavy Metal en musique de fond, plutôt que d'assister à des concerts de harpe supervisés par Dieu.

    ...

    C'est marrant je viens de me rendre compte que si Dieu voulait me faire vivre l'Enfer, il devrait m'envoyer au Paradis, amusant n'est-ce pas ? Comme quoi la notion de Paradis et d'Enfer reste très subjective. C'est vrai quoi :

    - d'un côté on me parle d'un pays céleste merveilleux où toutes nos envies terrestres disparaissent et où on passe l'éternité à faire... ben rien vu qu'on a plus aucun besoin.
    - de l'autre on me parle d'un monde souterrain maléfique où le stupre et la luxure règnent en maître.

    A votre avis je choisis quoi ?

    La répression des comportements sexuels "déviants" ne date pas d'hier, et continue encore aujourd'hui dans pas mal de pays. Dans certains Etats, les homosexuels sont condamnés à mort ou aux travaux forcés au nom de la religion, mais les dictatures religieuses ne sont pas les seuls lieux d'oppression. Dans l'auto-proclamée première démocratie au monde, les Etats-Unis, certains Etats ont déclaré certaines pratiques, comme la fellation, la sodomie et l'homo/bissexualité, comme étant illégales. Rappelons-nous de ce pasteur qui amène sa poignée de fidèles manifester à grands coups de slogans homophobes pendant les enterrements de personnes connues comme étant gay, alors qu'en plus le mort a, dans la plupart des cas, justement été victime d'une agression homophobe. Cherchez "La sodomobile" dans l'émission de Michael Moore "Awful Truth", ça vaut le coup d'oeil.

    Comme quoi la vertu ne donne pas forcément de bons résultats, et peut mener à l'intolérance plutôt qu'à l'acceptation des différences dont se targuent les "vertueux"...


  • Commentaires

    1
    Chrysantheme
    Mardi 27 Mai 2008 à 12:22
    C'est très vite dit pour toi Shiranui.
    Disons que c'est plus facile de dire ça pour les hommes que pour les femmes. Après, si ta fiancée en pense autant que toi, tant mieux.

    Bon d'une part, les hommes ont l'accès facile à l'orgasme tandis que les femmes y accèdent beaucoup plus difficilement, voire jusqu'à les croire anorgasmiques. Ceci entrave le désir féminin car la femme sait inconsciemment qu'elle n'y prendra qu'un plaisir partiel.
    De plus, la femme a besoin d'éprouver pour faire l'amour ( ce n'est pas une question d'être plus ou trop émotionnelle, c'est ainsi, car son sexe ne se voit pas, il est à l'intérieur de son corps : on aborde donc la notion d'accueil, de confiance, de sentimentalité ) tandis que les hommes le font aussi bien de manière mécanique et ce, par une cause biologique ancestrale : à l'origine, l'humain descend d'un animal ( je simplifie ) et pour assurer la survie de l'espèce, il faut des rapports sexuels, et c'est sans compter les sentiments. J'entends dire que faire l'amour pour un homme est un besoin naturel. C'est bel et bien ce que j'entends ( et ce que je lis ). Mais bien évidemment, tous les hommes ne sont pas à ce point "primaires", "instinctifs".
    Le "sexe sans amour", c'est bien possible à un bas degré de sentiment éprouvé par les deux partenaires et ça l'est encore plus pour un homme sans aucun sentiment.

    D'autre part, je dirais que le sexe en libre-service ( web, films porno, sex toys ) n'a rien à voir avec une sexualité libérée, accès unique à la chair et à l'âme de l'autre. C'est une "libération" prétendue. Alors effectivement, 40 ans après les slogans impérieux de Mai 68, "Jouissez sans entraves", "Inventez de nouvelles perversions" ou "Baisez-vous les uns les autres", on pourrait penser que la révolution sexuelle a définitivement libéré nos corps et nos esprits et que la sexualité de chacun est devenue une joyeuse fête érotique sans tabous. Or, il n'en est évidemment rien. Pire, la représentation omniprésente du sexe et de la jouissance nous pousse à remettre en cause notre plaisir au nom d'une norme imposée. Mais, en dépit de ce que souhaiteraient les marchands de plaisir, il ne saurait y avoir de définition universelle d'un être "sexuellement libéré". La sexualité est singulière et propre à chacun de nous.
    "Jouir sans entraves" est une illusion. Si tout devient permis, il ne se passe plus rien. Le goût pour le sexe diminue et n'est plus un enjeu dans le rapport de l'autre. Aujourd'hui, le sexe est apparemment partout, c'est-à-dire nulle part. Trop de sexe tue le sexe. Shiranui, tu aurais plutôt aimé, contrairement à ce que tu penses, les années 60 et précédentes parce qu'il y avait la notion d'enjeu, le fait ( justement ) de reconnaître à la sexualité humaine sa dimension métaphysique et créatrice.
    La raison ? L'utilisation de la sexualité est aujourd'hui essentiellement marchande. Les "sex toys" ( faux-phallus, poupées, etc ), les films, les sites Internet nous immergent dans un discours pornographique finalement très inhibant.
    La sexualité repose sur le désir, or le désir ne se programme pas. Ou alors on est dans une forme d'expérience très frustre, sans épaisseur ni foisonnement fantasmatique. Ainsi, on essaye de nous faire croire qu'elle a une fonctionnalité. Comme si faire l'amour était aussi simple que boire un verre d'eau. La sexualité ne saurait être considérée comme une activité banale. Elle échappe à toute approche exclusivement organique et implique un véritable engagement émotionnel, femme et homme.

    En ce qui concerne la notion de Bien/Mal, Paradis/Enfer, je dirais que tu t'es un peu lâché dans ta perception étroite du pays céleste et du monde souterrain. Si je me souviens bien, il est dit que le Paradis te berce dans la paix et l'harmonie bien méritées, appliquant un baume à toutes tes plaies intérieures, tandis que l'Enfer t'accable de tourments, plus douloureux les uns que les autres, de manière éternelle, telle est la punition. Ainsi, il n'est pas exclusivement question de plaisirs qualifiés de "malsains" tels que la luxure, il est surtout et fortement question de souffrance sempiternelle.
    Sur ce coup-là, tu t'es un peu ( beaucoup ) fourvoyé. ^^

    Et pour finir dans ce commentaire de débauche ( pour un article de débauche ;p ), la société occidentale a tout d'abord fait de la fellation et de la sodomie une image très péjorative et rabaissante pour la femme ( on peut donc comprendre l'existence des différents mouvements féministes, ce que je ne cautionne pas au même titre que le machisme ). Quasiment personne n'a réagi. Ensuite viennent les homosexuels de sexe masculin qui ne peuvent employer que ces pratiques pour se donner du plaisir, sans compter l'onanisme à deux. Beaucoup de gens n'ont pas accepté et n'acceptent pas que ce genre de relations "hors-normes" puissent exister. ( Personnellement, les homosexuels de sexe féminin ou masculin ne me dérangent vraiment pas, selon moi chacun est libre d'aimer à sa façon du moment qu'il y a une bonne entente avec le partenaire ) Donc beaucoup ont réagi. Vois où je veux en venir...
    Cependant, je ne me suis pas renseignée sur les interdictions imposées par certains Etats à propos de ces pratiques. Mais ce que je peux dire, c'est que cela peut effectivement entraver des relations, qu'elles soient plus ou moins passionnées.

    A bon entendeur,
    Chrys'.
    2
    Shiranui Profil de Shiranui
    Mardi 27 Mai 2008 à 13:08
    Ah c'est toujours un plaisir de lire un commentaire complet et réfléchi ^^

    Je suis tout à fait d'accord avec toi sur un point : en tant que représentant de la gent masculine, j'ai une conception de la sexualité plutôt instinctive.

    Cependant je ne conçois pas l'orgasme comme un objectif facile à atteindre. Je fais au contraire partie d'une catégorie d'idéalistes qui refusent de jouir tant que leur partenaire n'a pas atteint l'orgasme au moins une fois XD

    L'orgasme féminin est beaucoup plus subtil que la primitivisme de la jouissance masculine, et en cela je le trouve magnifique. Le simple fait de voir le visage de ma fiancée rougir d'un seul coup, sentir ses hanches se cambrer violemment et ses ongles s'enfoncer dans ma chair, me procure un plaisir indescriptible, même si je ne jouis pas forcément sur le coup.

    Par contre il y a un point sur lequel je tiens à être compris : je n'ai jamais considéré mes partenaires comme des objets sexuels.

    Même dans le cadre d'une aventure d'un soir, un partenaire reste un être humain avec un droit à la dignité qu'il incombe de respecter.

    Je reste cependant sur mon idée selon laquelle le fait d'avoir un rapport sexuel sans ressentir de sentiment amoureux, que l'on soit homme ou femme, est possible. On est ici dans un cas de figure concernant deux personnes qui cherchent, le temps d'une soirée, à se débarrasser de leur solitude en se faisant mutuellement du bien.

    Evidemment, je n'inclus pas le cas de l'homme marié qui se tape une jeunette en la laissant espérer qu'il quittera sa femme pour elle. Là on n'a pas affaire à un libertin, mais à un enfoiré de la pire espèce.

    On peut aussi parler des effets pervers de la libération sexuelle, comme quoi elle aurait créé une nouvelle sorte de dépendance parmi ceux qui en profitent. Ceci dit, si j'avais vécu dans la période précédant les années 1960, à mon avis j'aurais subi une telle frustration que je serais devenu sans doute encore plus pervers que je le suis aujourd'hui :p

    Pour ce qui est de la pornographie, et bien je compte l'aborder dans un autre article plutôt que d'en parler dans le sujet de la libération sexuelle, car je t'avouerai que j'ai un avis plutôt mitigé sur le sujet. Exploitation de la femme-objet ou exutoire de la frustration, j'ai un énorme doute :/

    Paradis et Enfer...

    Là je me base sur les menaces que j'ai reçues de la part des Témoins de Jehovah et autres cinglés qui ont été assez fous pour m'accoster dans l'espoir de me convertir. Au cas où ça n'était pas clair, cette partie de l'article était à prendre au second degré, car que ce soit en Dieu ou au Diable, je suis totalement non-croyant :p

    Voilà, en espérant que ma réponse a éclairé certaines de tes interrogations, sinon n'hésite pas, c'est toujours un plaisir (non sexuel, je te rassure) de discuter ^^
    3
    SCHEHIMNUW
    Jeudi 5 Juin 2008 à 23:06
    merci du passage :)

    personnellement je suis contre la nature humaine (contre le mot est mal choisi mais aucun ne me vient a l'esprit)
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