• Si vous avez suivi les infos ailleurs qu'à la télévision, ce qui s'est passé ces derniers jours en Russie ne vous aura pas échappé. Pour les autres, voici un résumé de la situation :

    Pussy Riot est un groupe de punk rock Russe qui s'est régulièrement illustré dans des happenings visant à dénoncer les abus de pouvoir récurrents de Vladimir Poutine. Leur dernier coup d'éclat, illustré dans le clip en tête de cet article, vient de leur valoir, au terme d'un procès abracadabrant durant laquelle la quasi-totalité des témoins de la défense n'a pas été entendue, un emprisonnement de deux ans en camp de travail.

    Sous quels chefs d'accusation leur inflige-t-on une peine si lourde me demanderez-vous ?

    L'accusation s'énumère ainsi : hooliganisme, incitation à la haine de la religion, et... WTF ?! propagande homosexuelle... J'ai encore du mal à intégrer que la Russie fasse également désormais partie des pays considérant officiellement l'homosexualité comme une tare honteuse. A ce sujet, sachez que le Kremlin a officiellement interdit la tenue de la Marche des Fiertés dans son pays pour les 100 prochaines années.

    Bon, partons du début, avec les faits et rien que les faits : les Pussy Riot ont investi l'Eglise du Christ Saint Sauveur à Moscou le temps d'une courte chanson qualifiée par les autorités de 'prière punk' dont le refrain disait globalement :"Saint Marie, Mère de Russie, chasse Poutine."

    Donc techniquement, elles ont exprimé une opinion politique en jouant sur l'amitié entre le Kremlin et l'Eglise orthodoxe qui se font régulièrement les yeux doux, ce qui n'est un secret pour personne.

    Dans un pays démocratique, le seul chef d'accusation qui aurait pu être retenu contre les Pussy Riot serait l'organisation non autorisée d'un concert dans un lieu public, et elles s'en seraient sorties avec une amende dont le montant serait proportionnel aux dégâts matériels causés au bâtiment.

    Seulement voilà, pas de bol, on est en Russie. Et en Russie, quand tu joues avec le feu, on met tout en oeuvre pour que tu perdes ton procès (privation de nourriture et de sommeil, limitation des rencontres avec ton avocat, etc...) et pour que tu serves d'exemple à tous ceux qui pourraient avoir l'outrecuidance d'avoir une opinion contraire à exprimer, d'où les deux ans de camp. Et encore, le procureur en réclamait sept à la base, mais y a pas de quoi se réjouir pour autant.

    En fait, leur condamnation a surtout été prononcée pour consoler les pauvres petits chrétiens orthodoxes qui déclarent avoir été violemment traumatisés, même si aucun dommage matériel n'a été constaté dans la cathédrâle.

    Bien évidemment, et quelque part ça me rassure, l'annonce de la condamnation a provoqué un superbe tollé en Occident, et les pétitions pour réclamer la libération des Pussy Riot se multiplient. Quelques stars internationales, comme Madonna, Yoko Ono, Rise Against, Björk, Faith no More ou encore les Red Hot Chili Peppers, ont même affirmé leur soutien.

    D'ailleurs, si vous-même vous souhaitez agir, il n'est pas encore trop tard : l'ONG Avaaz.org vient de lancer une pétition à destination de l'Union Européenne afin qu'elle applique un gel des avoirs et une interdiction de séjour en Europe contre tous les ressortissants Russes impliqués dans la mort de l'activiste Sergueï Magnitski, ce qui contribuerait à faire pression sur le Kremlin et, qui sait, encouragerait la libération des Pussy Riot.

    La pétition en question

    Quoi qu'il en soit, les Pussy Riot n'ont pas l'intention de se laisser faire sagement, et elles ont bien l'intention de faire appel de la décision du tribunal.


    votre commentaire
  • Souvenez-vous, c'était en Décembre 2011, la pièce de Romeo Castellucci baptisée "Sur le Concept du Visage du Fils de Dieu" s'attire les foudres des catholiques de l'association Civitas alors qu'elle est jouée en France, ceux-ci lui reprochant de véhiculer un message christianophobe.

    S'ils ont d'abord voulu protester en usant de méthodes plus que discutables (jets d'oeufs et d'huile de vidange sur les personnes se rendant au théâtre, agressions verbales, occupations des théâtres pour perturber les représentations), ils ont ensuite eu la sagesse de recourir à des moyens plus pacifiques (manifestations sous encadrement policier, veillées de prières, chorales de cantiques en bordure des théâtre où la pièce était jouée).

    La colère des membres de Civitas (et de l'ensemble des catholiques intégristes ne faisant pas forcément partie de cette association) trouve son origine dans la scène finale de la pièce : pour symboliser le renoncement de la foi chrétienne, plusieurs personnes montent sur scène et lapident un immense portrait du Christ (reproduction d'une peinture d'Antonello de Messine). Il n'en faut pas plus à ces contestataires pour voir en cette métaphore de la colère une insulte à l'ensemble de la chrétienté s'accompagnant d'un blasphême éhonté.

    Comprenez-moi bien : si je n'approuve pas les perturbations orchestrées par les manifestants dans les théâtres où la pièce était jouée, je ne fais en aucun cas l'amalgame entre Civitas et la communauté chrétienne.

    Civitas est un mouvement politique qui a la prétention de faire renouer la France avec ses 'racines chrétiennes', aussi bien au niveau de son foncement social qu'au niveau politique. Autrement dit, si on les prenait au sérieux, on serait à nouveau un pays monarchique.

    Et la majeure partie des chrétiens Français ne font pas partie de Civitas, Dieu merci (si je puis me permettre ce calembour).

    Ayant moi-même été élevé dans une famille catholique, et bien qu'ayant pris mes distances vis-à-vis de cette religion parce que je me suis rapidement rendu compte que si je n'excluais pas la possibilité de l'existence de Dieu, je n'approuvais pas pour autant les messages pontificaux, je n'approuve pas non plus ce parti pris artisitique. Mais je comprends sa symbolique. Le personnage principal de la pièce, un homme rendu impotent par la maladie alors qu'il fut toute sa vie durant un 'bon chrétien', perd la foi et lapide le portrait du Christ avec ses propres excréments.

    Les faits sont là, c'est écoeurant.

    Mais d'un point de vue scénaristique, c'est cohérent : l'homme qui a perdu la foi se venge avec le fruit de son humiliation, la boucle est bouclée.

    N'approuvant pas cette mise en scène, je me suis contenté de ne pas aller voir cette pièce. Mais je pense personnellement qu'en aucun cas Romeo Castellucci n'a souhaité insulter l'ensemble de la chrétienté. Il n'a fait que mettre en scène le désespoir d'un vieil homme qui a perdu jusqu'à sa propre dignité à cause de la maladie, et qui se venge comme il peut, car c'est au final son seul exhutoire.

    Après tout, ne nous apprend-on pas qu'il faut rendre grâce à Dieu lorsque nous connaissons le bonheur, mais que nous subissons sa colère quand nous sommes frappés par le malheur ? L'homme répond à la colère par la colère, c'est dans sa nature.


    votre commentaire
  • Youhou

    Chers visiteurs occasionnels de mon blog aux mises à jours plus qu'irrégulières, vous l'aurez sûrement remarqué : le blog était légèrement en état de mort clinique depuis le précédent article.

    Les causes sont multiples : pas beaucoup de temps, manque d'inspiration, mais surtout gros passage à vide à cause d'expériences professionnelles pas vraiment épanouissantes. C'est paradoxalement amusant et déprimant comme vos espoirs peuvent s'effondrer pile au moment où vous pensez que vous allez enfin vous en sortir.

    Tout ceci m'a amené à effectuer un bilan de ma situation : dans lequel des nombreux métiers que j'ai effectués ai-je été le plus épanoui ? Fut-ce la période où je travaillais comme assistant trilingue dans une grosse institution européenne ? Gratifiant du point de vue de la rémunération, mais rapidement répétitif, et fatigant d'un point de vue transports. Lorsque j'ai tenu ma boutique en ligne spécialisée en CD de Metal et Punk Rock ? Ouais ça c'était un super boulot, juste dommage que les ventes n'étaient pas suffisantes pour en tirer un salaire... Ou fut-ce en tant que voiturier pour un grand groupe hôtelier ? J'aimais bien ce boulot, les clients m'appréciaient aussi, si j'en juge par les pourboires que j'encaissais certains (je faisais rarement une journée sans me faire au minimum 20 € de pourboire, score qui pouvait se démultiplier en week end, jours fériés, ponts et périodes de vacances scolaires). On m'en a pourtant viré sous prétexte que j'aurais une allure d'agent de sécurité.

    Fut-ce lorsque je tentai de rédiger mon premier roman ? Mauvais plan : j'écris des histoires depuis que j'ai 16 ans, mais ma tendance à la procrastination fait que 13 ans plus tard, je n'ai aucun manuscrit viable à présenter à un éditeur.

    Non à bien y réfléchir, il n'y a qu'une seule expérience professionnelle dans tout mon CV qui a fait de moi un actif épanoui. C'est un métier à plein temps, où l'on bosse aussi bien les week ends et les jours fériés que le reste de la semaine. Ce métier implique également de ne pas avoir peur de devoir se lever la nuit en cas d'urgence. Il demande de la rigueur, de l'attention, une forte dose de bienveillance, un esprit d'autorité et un profond amour du travail bien fait.

    Je parle bien entendu de l'honorable métier de parent.

    Depuis la naissance de Geekounet, je suis père de famille à temps plein, et je ne me suis jamais senti aussi épanoui. Mes horaires vont de minuit à minuit, 7 jours sur 7, et pourtant j'en redemande.

    Problème, l'inconscient collectif de nos jours n'est déjà pas tendre avec les femmes au foyer, auxquelles d'aucuns reprochent de souiller les combats des féministes, mais avec les pères qui décident de rester à la maison pour s'occuper de leurs enfants, c'est encore pire : un homme ne cherchant pas à faire carrière pour privilégier sa famille sera perçu comme manquant d'ambition, voire comme un chômeur - profiteur.

    Je rassure donc derechef ceux qui seraient de cet avis : Scianure travaille, donc je ne touche pas le RSA, l'honneur est sauf.

    Je ne cherche pas à être père au foyer ad vitam eternam ceci dit. Je ne veux simplement plus me jeter à corps perdu dans le monde du travail comme je l'ai fait autrefois, ce qui m'avait amené à faire plusieurs sacrifices. Le plus récent a été effectué l'année dernière : décidé à prendre sur moi, je suis parti vivre plusieurs mois loin de Scianure et de Geekounet pour une opportunité que je pensais ne pas pouvoir refuser, mais au final je n'ai pas vraiment eu le retour escompté. ça ressemblait plus à un retour de morgenstern qu'à des rétributions pour services rendus en fait...

    Aujourd'hui, j'en suis rendu à un point où un petit boulot à temps partiel me conviendrait parfaitement. Cela me permettrait de générer un revenu tout en me laissant du temps libre pour m'occuper de Geekounet et pour accueillir Scianure comme il se doit à la fin de sa journée (surtout qu'elle se tape deux heures de transport en commun par jour en plus de ses heures de boulot, elle a bien le droit de mettre les pieds sous la table quand elle rentre).

    C'est tout pour aujourd'hui, plus qu'à voir si le blog va bientôt reprendre son rythme de croisière (soit un article toutes les deux semaines).

    Bonne nuit à tous.


    4 commentaires
  • Love & Hate

    La société est devenue pour moi un concept riche en paradoxes. Je vous rassure de suite, je ne suis pas sur le point de vous réciter les arguments de l'adolescent - attardé - aspirant - anarchiste - qui - fuck - la - société - que - de - toute - façon - c'est - tous - des - conformistes - mais - pas - moi - que - je-suis - un - true - rebel - metalleux.

    Dans mon cas, les seules choses qui se vérifient dans l'énumération ci-dessus, c'est que j'écoute effectivement beaucoup de metal, tous sous-genres confondus (mais ça vous le saviez déjà), et que jusqu'à mes 22/23 ans, j'ai eu une tendance prononcée à me complaire dans l'adulescence.

    Si je considère que je ne me 'fonds pas dans le moule', ce n'est pourtant pas la volonté de m'intégrer qui me manque : aller travailler à plein temps 5 jours par semaine pour gagner un salaire qui tombera tous les mois, ce qui me permettra de faire comme tout le monde en achetant ma voiture, ma maison, en ayant deux ou trois enfants avec Scianure, et en emmenant ma petite famille en vacances au moins deux semaines par an, c'est un 'conformisme' qui me convient parfaitement.

    Après j'ai mes petites particularités, de par la musique que j'écoute, de par mon style vestimentaire pendant mes jours de repos, de par mes goûts en littérature, qui tirent davantage vers le fantastique et les grands classiques que vers les prix Goncourt et les biographies de star (éphémères ou survivantes) écrites par un 'nègre' (rien de raciste, c'est le terme utilisé pour désigner une personne engagée pour écrire un livre et le signer avec le nom de l'auteur officiel, je n'y peux rien, inutile de me spammer).

    J'ai également des goûts cinématographiques très personnels, fan totalemet assumé des films de genre et des grands monstres sacrés (réalisateurs et personnages cultes) du cinéma d'horreur.

    Le fait est que je ne demande pas mieux que de m'intégrer au système 'métro/boulot/dodo', mais voilà, malgré tous mes efforts, je ne suis pas assez normal aux yeux des recruteurs. Même avec un costume-cravate et une chemise, ce n'est pas suffisant. Mes cheveux longs, même soigneusement peignés et attachés, ne me rendent pas grâce et donnent de moi l'image d'un fumiste.

    Je ne peux qu'en déduire que le seul moyen d'être parfaitement intégré, c'est de correspondre à l'image que la société veut avoir de moi, et non pas à l'image que j'ai de moi. A partir du moment où l'on souhaite travailler, on ne peut qu'enfiler un costume de personne normale et faire semblant d'être d'accord avec la pensée unique transmise par la majorité (et merde, je m'étais pourtant promis avant de commencer la rédaction de cet aricle de ne pas succomber à la philosophie de comptoir d'anarchiste à deux balles).

    Alors quelle solution s'offre à moi ? Couper mes cheveux pour réussir l'épreuve de l'entretien, puis les laisser pousser une fois embauché ? Et si mon employeur me licencie à cause de mes cheveux ayant retrouvé leur longueur originelle, je porte plainte aux Prud'hommes pour discrimination capillaire ?

    Autre fun fact : il y a quelques années, ma difficulté à trouver du travail était justifiée parce que je tendais à bâcler mes lettres de motivation. Aujourd'hui, j'ai appris à les soigner davantage en montrant que je me suis intéressé à l'entreprise, en mettant en avant les compétences en rapport avec le poste proposé, en ayant une syntaxe élégante et adaptée au cadre de l'entreprise.

    Mais voilà, pas glop non plus : une lettre trop bien écrite, trop élégante, qui montre que l'on s'est bien renseigné sur l'entreprise, est susceptible d'effrayer le directeur, qui se met à avoir peur que tu refuses les tâches qui te seront attribuées parce que tu es trop subtil, trop intelligent, trop pugnace, etc...

    Il faudrait donc maintenant que je conforte le recruteur en le laissant croire que ne suis 'pas trop' intelligent, de manière à conforter le directeur dans son complexe de supériorité ?

    J'aime la France, vraiment. J'aime son Histoire, son patrimoine touristique et gastronomique. J'aime autant la France rurale qu'urbaine.

    Mais j'en arrive à la détester à cause de son gouvernement qui prétend être démocratique, mais dont les membres vivent dans une cage dorée, et dans l'ignorance totale des conditions de vie réelles du Français précaire, qui ne demanderait pas mieux que de faire partie de la 'France qui se lève tôt', mais que l'on rejette parce qu'il ne correspond pas parfaitement à des pré-requis de normalité souvent absurdes.

    J'en veux pour preuve cette fausse interview de Patrick Balkany, piégé par les YesMen :

    Edifiant n'est-ce pas ?

    A l'instar du Roi Soleil en son temps, ceux qui sont censés nous gouverner ne nous représentent en rien.

    Je suis bien malgré moi tenté de haïr pour mon pays à cause de son marché de l'emploi qui marche sur la tête.

    J'ai pourtant envie de croire que je finirai par rencontrer un jour un patron qui a un minimum de bon sens, je me raccroche à cet espoir et continue de postuler jour après jour, histoire qu'à défaut de faire partie de la population active, je puisse au moins être considéré comme une personne recherchant activement un emploi pour sortir le plus rapidement possible du chômage, et non comme un parasite.


    votre commentaire
  • Epitaphe

     

    Dans la nuit du 21 au 22 Septembre 2011, l'état de Georgie s'est rendu coupable de meurtre sur la personne de Troy Davis. L'injection létale a eu lieu, les ornières ont été maintenues. Il fallait un coupable, et Troy Davis faisait l'affaire : il est noir, il n'a pas d'argent pour se payer une armée d'avocats. Les éléments à charge censés établir sa culpabilité ne reposaient que sur des témoignages particulièrement douteux (7 des 9 témoins à charge sont revenus sur leurs déclarations en évoquant des pressions policières), l'arme du crime n'a jamais été retrouvée, mais il fallait que la famille de la victime puisse faire son deuil.

    Loin de moi l'intention de manquer de respect aux proches du policier assassiné, entendons-nous bien, mais je ne peux que déplorer un procès bâclé où l'émotion et les fantômes de la discrimination raciale ont pris le pas sur le travail de la justice. Une justice déterminée à aller jusqu'au bout de sa logique d'application de la peine capitale en dépit du bon sens.

    Même sanglé sur la civière sur laquelle il a reçu l'injection, il a clamé son innocence. Il a cependant tiré sa révérence avec dignité, et a enjoint Dieu de bénir aussi bien ceux qui souhaitaient sa mort, que celui qui a été chargé de la lui donner.

    Une authentique démarche chrétienne. Bien que ne croyant en aucune religion, je ne peux qu'admirer cette capacité à pardonner.

    Comme l'annonce le titre de cet article, la mort de Troy ne nous fera pas lâcher les armes. Le combat contre la peine de mort n'est pas terminé.  Contrairement à ce que pourrait me dire un partisan, la mort d'un innocent ne vaut pas celle de dix coupables.

    En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez vous rendre sur la page Facebook de Amnesty International. La publication de statuts a été ouverte aux visiteurs afin qu'ils puissent laisser un message de soutien qui sera transmis à la famille de Troy Davis.

    Page Facebook d'Amnesty International France


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique