• Année de sortie : 2011

    Genre : Easy Listening / Neo Metal

    Non, vous ne rêvez pas : votre serviteur, addict au Metal 100 % brut de décoffrage va parler d'Allan Theo, comme quoi tout arrive.

    Tout d'abord, il faut mener une petite étude comparative : Pour tous ceux qui se sont enfermés dans une cave en 1998, Allan Theo, ça sonnait comme ça (je vous préviens, c'est violent).

    Allan Theo en 2011 n'a pas (malheureusement pour lui), fait autant parler de lui; et pourtant, le changement de style musical vaut le coup d'oreille (attention : scènes pouvant choquer !!!) :

    Donc nous sommes bien d'accord : même si musicalement, ça reste très accessible au grand public, on sent un très fort revirement de part du Monsieur qui a fait tremper des millions de petites culottes d'adolescentes à la fin des années 1990. On sent surtout le gros ras-le-bol d'un artiste qui en avait marre qu'on lui colle au néoprène l'image d'un boys band kitsch à l'instant même où il a sorti son premier single (et c'est un fait, il était kitsch, comme tous les boys bands d'ailleurs). Allan confirmera d'ailleurs dans une interview accordée au blog 'lepost.fr' que la fin de son contrat avec son ancienne maison de disques fut un véritable soulagement, car il a enfin pu se consacrer à des projets artistiques beaucoup plus personnels sans qu'un producteur ne cherche à modifier ses oeuvres pour les rendre plus vendeuses. Il est d'ailleurs passé par le site 'My Major Company' pour faire financer son album par les internautes. Le fait qu'il ait pu sortir son album grâce à ces dons est la preuve qu'il y a un public pour sa musique, et qu'il y a donc moyen de parcourir son petit bonhomme de chemin.

    Parlons donc de 'Reprends les armes' que l'on peut considérer comme le premier opus de sa nouvelle approche. Pour l'occasion, on fait la connaissance de Monsieur X, avatar des pensées négatives qu'Allan a accumulées en renouant avec le monde du travail (on ne peut pas vivre éternellement de ses ayant-droits, snif). Psychopathe dissimulant ses pulsions meurtrières sous le masque d'un employé de banque modèle, il passe à l'acte chaque fois qu'il en a la possibilité, le meurtre étant la seule activité qui, paradoxalement, l'empêche de sombrer dans la folie.

    Fans du gentil Allan de 1998, vous êtes prévenus, vous pouvez passer votre chemin.

    La première chanson donnant d'ailleurs le ton : Monsieur X se complaît dans l'admiration du corps sans vie d'une de ses victimes. Les paroles dérangent autant qu'elles fascinent, et l'approche résolument mélodique de la chanson provoque un contraste assez effarant avec le thème abordé. On notera ce même paradoxe tout au long de l'album, même si certaines chansons ont des thèmes plus légers. Je pense notamment à 'Vivre au Soleil', où le chanteur exprime son rêve d'un style de vie ne nécessitant pas d'aller travailler en faisant semblant d'apprécier les gens que l'on côtoie au quotidien. 'Je dérive' est de loin la chanson la plus emblématique de l'album, dans laquelle Allan décrit sans concession son rapport conflictuel avec le monde du travail et le masque d'employé modèle qu'il porte en permanence pour faire bonne figure et garder son emploi, dont il ne peut malheureusement pas se passer (et oui, il faut bien vivre).

    Je suis bien obligé de l'admettre : Allan Theo chante juste, et ce même en live. Je détestais la musique qu'il faisait dans les années 1990, mais, sans être fan, je suis étrangement attiré par 'Reprends les Armes'. Les riffs de guitare sont très efficaces, le synthétiseur quasi-omniprésent ajoute une ambiance qui, à ma grande surprise, m'a pris aux tripes.

    Toutes les chansons de l'album ne sont cependant pas à retenir : 'C'est Fini' et 'Dans ce Monde' sont un peu trop mielleuses à mon goût, la première étant une simple histoire d'amour se soldant par une rupture, et la deuxième l'histoire d'une nouvelle idylle teintée de tentative d'intégration (un peu plus de maturité, mais musicalement pas vraiment intéressante).

    Voici par contre les chansons à écouter impérativement :

    • Dessine-moi
    • Vivre au Soleil
    • Je dérive
    • Versus (piste instrumentale délicieusement agressive)
    • Pas question (refus de pardonner à ceux qui lui ont causé du tort, ce qui va vraisemblablement se solder par un bain de sang =P )
    • Isolez-moi

    Si comme moi, vous avez la curiosité de prêter une oreille attentive à un artiste qui n'a pas peur de prendre des risques pour mieux surprendre ceux qui croyaient connaître son oeuvre, sachez que vous pouvez acheter son album pour moins de 10 € sur la plupart des plateformes de téléchargement légal.


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  • hommage à mes cheveux
     
    Votre serviteur a enfin trouvé du travail. Mais un lourd tribut a été payé pour enfin faire partie des privilégiés ayant l'honneur de signer un Contrat à Durée Indéterminée impliquant une période d'essai de deux mois renouvelable pendant un mois. J'ai dit adieu aux bien-aimés cheveux qui descendaient jusque sous mes épaules, et qui headbanguaient énergiquement à chaque concert.
     
    On va me taxer de complexe de persécution, mais je maintiens les accusations de discrimination capillaire insinuées dans Mon article précédent, car malgré mon CV qui, sans être extraordinaire, est tout de même bien fourni, je me suis toujours heurté à une hostilité à peine dissimulée des recruteurs dès que ceux-ci apercevaient ma queue de cheval, pourtant soigneusement peignée.
     
    Je trouve tout de même extraordinaire qu'en 2011, un homme aux cheveux longs soit toujours amalgamé à un fainéant incapable de respecter sa hiérarchie.
     
    Bref, philosophie de comptoir mise de côté, le sacrifice capillaire auquel j'ai consenti m'a permis d'être embauché comme voiturier-bagagiste dans un hôtel cinq étoiles sur Lille. La paie n'est pas extraordinaire, mais les pourboires des clients permettent de gonfler un peu la fin du mois. Le côté pas glamour de mon boulot se situe dans le fait que je suis également chargé de la propreté du hall d'entrée : vider les cendriers et descendre les poubelles en costard cravate, ça n'a pas de prix. Mais comme j'ai l'occasion de conduire des voitures qui ne manquent pas de prestige (Mercedes, BMW, Audi, et autres marques qui font rêver), ça vaut le coup de prendre sur soi.

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  • Love & Hate

    La société est devenue pour moi un concept riche en paradoxes. Je vous rassure de suite, je ne suis pas sur le point de vous réciter les arguments de l'adolescent - attardé - aspirant - anarchiste - qui - fuck - la - société - que - de - toute - façon - c'est - tous - des - conformistes - mais - pas - moi - que - je-suis - un - true - rebel - metalleux.

    Dans mon cas, les seules choses qui se vérifient dans l'énumération ci-dessus, c'est que j'écoute effectivement beaucoup de metal, tous sous-genres confondus (mais ça vous le saviez déjà), et que jusqu'à mes 22/23 ans, j'ai eu une tendance prononcée à me complaire dans l'adulescence.

    Si je considère que je ne me 'fonds pas dans le moule', ce n'est pourtant pas la volonté de m'intégrer qui me manque : aller travailler à plein temps 5 jours par semaine pour gagner un salaire qui tombera tous les mois, ce qui me permettra de faire comme tout le monde en achetant ma voiture, ma maison, en ayant deux ou trois enfants avec Scianure, et en emmenant ma petite famille en vacances au moins deux semaines par an, c'est un 'conformisme' qui me convient parfaitement.

    Après j'ai mes petites particularités, de par la musique que j'écoute, de par mon style vestimentaire pendant mes jours de repos, de par mes goûts en littérature, qui tirent davantage vers le fantastique et les grands classiques que vers les prix Goncourt et les biographies de star (éphémères ou survivantes) écrites par un 'nègre' (rien de raciste, c'est le terme utilisé pour désigner une personne engagée pour écrire un livre et le signer avec le nom de l'auteur officiel, je n'y peux rien, inutile de me spammer).

    J'ai également des goûts cinématographiques très personnels, fan totalemet assumé des films de genre et des grands monstres sacrés (réalisateurs et personnages cultes) du cinéma d'horreur.

    Le fait est que je ne demande pas mieux que de m'intégrer au système 'métro/boulot/dodo', mais voilà, malgré tous mes efforts, je ne suis pas assez normal aux yeux des recruteurs. Même avec un costume-cravate et une chemise, ce n'est pas suffisant. Mes cheveux longs, même soigneusement peignés et attachés, ne me rendent pas grâce et donnent de moi l'image d'un fumiste.

    Je ne peux qu'en déduire que le seul moyen d'être parfaitement intégré, c'est de correspondre à l'image que la société veut avoir de moi, et non pas à l'image que j'ai de moi. A partir du moment où l'on souhaite travailler, on ne peut qu'enfiler un costume de personne normale et faire semblant d'être d'accord avec la pensée unique transmise par la majorité (et merde, je m'étais pourtant promis avant de commencer la rédaction de cet aricle de ne pas succomber à la philosophie de comptoir d'anarchiste à deux balles).

    Alors quelle solution s'offre à moi ? Couper mes cheveux pour réussir l'épreuve de l'entretien, puis les laisser pousser une fois embauché ? Et si mon employeur me licencie à cause de mes cheveux ayant retrouvé leur longueur originelle, je porte plainte aux Prud'hommes pour discrimination capillaire ?

    Autre fun fact : il y a quelques années, ma difficulté à trouver du travail était justifiée parce que je tendais à bâcler mes lettres de motivation. Aujourd'hui, j'ai appris à les soigner davantage en montrant que je me suis intéressé à l'entreprise, en mettant en avant les compétences en rapport avec le poste proposé, en ayant une syntaxe élégante et adaptée au cadre de l'entreprise.

    Mais voilà, pas glop non plus : une lettre trop bien écrite, trop élégante, qui montre que l'on s'est bien renseigné sur l'entreprise, est susceptible d'effrayer le directeur, qui se met à avoir peur que tu refuses les tâches qui te seront attribuées parce que tu es trop subtil, trop intelligent, trop pugnace, etc...

    Il faudrait donc maintenant que je conforte le recruteur en le laissant croire que ne suis 'pas trop' intelligent, de manière à conforter le directeur dans son complexe de supériorité ?

    J'aime la France, vraiment. J'aime son Histoire, son patrimoine touristique et gastronomique. J'aime autant la France rurale qu'urbaine.

    Mais j'en arrive à la détester à cause de son gouvernement qui prétend être démocratique, mais dont les membres vivent dans une cage dorée, et dans l'ignorance totale des conditions de vie réelles du Français précaire, qui ne demanderait pas mieux que de faire partie de la 'France qui se lève tôt', mais que l'on rejette parce qu'il ne correspond pas parfaitement à des pré-requis de normalité souvent absurdes.

    J'en veux pour preuve cette fausse interview de Patrick Balkany, piégé par les YesMen :

    Edifiant n'est-ce pas ?

    A l'instar du Roi Soleil en son temps, ceux qui sont censés nous gouverner ne nous représentent en rien.

    Je suis bien malgré moi tenté de haïr pour mon pays à cause de son marché de l'emploi qui marche sur la tête.

    J'ai pourtant envie de croire que je finirai par rencontrer un jour un patron qui a un minimum de bon sens, je me raccroche à cet espoir et continue de postuler jour après jour, histoire qu'à défaut de faire partie de la population active, je puisse au moins être considéré comme une personne recherchant activement un emploi pour sortir le plus rapidement possible du chômage, et non comme un parasite.


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  • Epitaphe

     

    Dans la nuit du 21 au 22 Septembre 2011, l'état de Georgie s'est rendu coupable de meurtre sur la personne de Troy Davis. L'injection létale a eu lieu, les ornières ont été maintenues. Il fallait un coupable, et Troy Davis faisait l'affaire : il est noir, il n'a pas d'argent pour se payer une armée d'avocats. Les éléments à charge censés établir sa culpabilité ne reposaient que sur des témoignages particulièrement douteux (7 des 9 témoins à charge sont revenus sur leurs déclarations en évoquant des pressions policières), l'arme du crime n'a jamais été retrouvée, mais il fallait que la famille de la victime puisse faire son deuil.

    Loin de moi l'intention de manquer de respect aux proches du policier assassiné, entendons-nous bien, mais je ne peux que déplorer un procès bâclé où l'émotion et les fantômes de la discrimination raciale ont pris le pas sur le travail de la justice. Une justice déterminée à aller jusqu'au bout de sa logique d'application de la peine capitale en dépit du bon sens.

    Même sanglé sur la civière sur laquelle il a reçu l'injection, il a clamé son innocence. Il a cependant tiré sa révérence avec dignité, et a enjoint Dieu de bénir aussi bien ceux qui souhaitaient sa mort, que celui qui a été chargé de la lui donner.

    Une authentique démarche chrétienne. Bien que ne croyant en aucune religion, je ne peux qu'admirer cette capacité à pardonner.

    Comme l'annonce le titre de cet article, la mort de Troy ne nous fera pas lâcher les armes. Le combat contre la peine de mort n'est pas terminé.  Contrairement à ce que pourrait me dire un partisan, la mort d'un innocent ne vaut pas celle de dix coupables.

    En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez vous rendre sur la page Facebook de Amnesty International. La publication de statuts a été ouverte aux visiteurs afin qu'ils puissent laisser un message de soutien qui sera transmis à la famille de Troy Davis.

    Page Facebook d'Amnesty International France


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  • Séquedin Rock 2011
     
    L'organisation aura maintenu le suspense intact jusqu'au 16 Août (oui je sais je suis en retard, pas la peine de me le rappeler -__- ) mais elle nous a dévoilé un line-up plus que satisfaisant, et meme carrément impressionnant, pour un festoche gratuit. Si vous voulez passer une excellente soirée en ayant pour seul souci votre budget essence et bière, vous savez où vous rendre le 22 Octobre =D
     
    Et du lourd il y en a cette année :
     
    On commence en douceur avec Softly Spoken Magic Spells, groupe de rock indé à tendance psychédélique Lillois, qui vous fera gentiment planer tout en vous mettant de bonne humeur pour la suite.
     
     
    On enchaîne (et surtout on commence à s'échauffer) avec les thrashers de Human Jail, là on fera pas dans la douceur, bien au contraire.
     
     
    On partira ensuite dans une bonne grosse séance de mosh pit avec les Dunkerquois de A Failing Devotion, lesquels nous serviront un metalcore tout en puissance et en rage catartique m/
     
     
    On ne se relâche pas et on continue avec les gars du crew Smash Hit Combo, qui, tout en replongeant tous les geeks / gamers de la salle dans leurs souvenirs d'enface au rythme d'un rapcore teinté de deathcore, vous prouveront que ce n'est pas parce qu'on fait des couplets rappés qu'on est pas capables d'envoyer la purée avec une guitare. Ils ont fait le déplacement depuis l'Alsace, sachons les accueillir comme il se doit !
     
     
    On se repose un peu (mais pas trop parce que ça va tortiller du slip quand même) avec le Metal Atmosphérique de Klone, dont les membres feront la route depuis Poitiers. Mélodique certes, mais non moins intense et brut de décoffrage !
     
     
    Et on termine la soirée en beauté avec les kadors de la scène Metal Lilloise, la fierté des metalleux du 59, j'ai nommé Unswabbed. Une pléthore de chansons chargées d'émotions et de rage, servies sur des riffs assassins et par la voix écorchée du chanteur, encore un bon pogo en perspective !
     
     
    Et surtout, last but not least, de loin l'information la plus importante de cet article :
     
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